Soupçonné de corruption, Maurizio Lupi démissionne

 

Même si les inculpations ne le concernaient pas directement….

Maurizio Lupi, ministre des transports, soupçonné de corruption même si l’enquête qui a permis l’arrestation de deux de ses proches – Ercole Incalza, ex-directeur technique de son ministère, et Stefano Perotti, un entrepreneur – ne le vise pas nommément, a choisi après quarante-huit heures de résistance de démissionner du gouvernement, vendredi 20 mars.

Une position devenue intenable

La position de ce centriste était devenue intenable au fil des jours et des révélations de la presse. Non seulement Lupi apparaissait sous la coupe de son directeur technique, véritable patron du ministère, mais il a aussi obtenu pour son fils de nombreuses faveurs de la part d’entrepreneurs amis : une montre Rolex d’une valeur de 10 350 euros, des costumes sur mesure, un premier emploi. C’est beaucoup dans un pays où le chômage des jeunes dépasse 40%.

Ce qui menaçait de devenir un problème politique pour Matteo Renzi s’est transformé en nouvelle victoire pour le chef du gouvernement. Sans rien dire (ce qui est rare), il a œuvré avec habileté et persuasion pour se débarrasser de son ministre encombrant et le pousser à faire de lui-même un pas en retrait. Au cas où cela n’aurait pas suffi, une motion de défiance présentée par le Mouvement 5 étoiles et la gauche radicale était déjà toute prête au Parlement. Et rien ne permet de dire que Lupi en serait sorti indemne.

Il se voyait Maire de Milan

Entré en politique dans les années 1990 aux côtés de Silvio Berlusconi, Maurizio Lupi, dont l’ambition était de devenir un jour maire de Milan, pensait que le simple fait de pas être mis en examen dans cette nouvelle affaire de corruption dans les marchés publics le protégeait. Et puis, quoi de plus noble pour un père italien que de vouloir aider son fils ? Qu’il puisse avoir une responsabilité au moins morale ne l’a pas effleuré. « Je ne démissionnerai pas »,  répétait-il, sûr du soutien de ceux – et ils sont nombreux – pour qui « l’innocence » n’est qu’une affaire de casier judiciaire.

Mais l’Italie, quoiqu’on en dise, change. Alors qu’il avait fallu des mois par le passé pour faire démissionner des ministres cramponnés à leur immunité et accusés de rien moins que de collusion avec la mafia, il ne faut désormais que deux jours ouvrables pour pousser vers la sortie un homme dont le tort (pour l’instant) a été d’être trop bon avec son fils. .

Source: italie.blog.lemonde.fr

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TDK

Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info

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