Sonia Imloul condamnée pour détournement de fonds publics

Sonia Imloul la diva de la déradicalisation condamnée pour détournement de fonds publicsSonia Imloul, était présentée comme la diva de la « déradicalisation » a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis pour détournement de fonds publics

Retour à un petit peu d’humilité

Devant les juges et la justice, Sonia Imloul a beaucoup perdu sa gouaille. Fini le temps où la fondatrice de la Maison des familles et de la prévention, présentée comme l’un des premiers centres de déradicalisation en France, virevoltait et fanfaronnait devant des caméras de télévision complaisantes pour présenter son projet « citoyen » de déradicalisation. Hier lundi, c’est d’une voix basse, parfois inaudible, la tête dans une attitude d’humilité presque trop marquée que, tout de noir vêtue, ses longs cheveux blondifiés retenus en queue-de-cheval, elle a répondu aux questions de la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Détournement de fonds publics

Sonia Imloul est notamment soupçonnée de détournement de fonds publics.

Les faits sont avérés, elle a falsifié son RIB pour toucher sur son compte personnel – et non sur celui de l’association – les subventions de l’État, 25.000 euros d’abord puis 35.000 euros quelques mois plus tard, courant 2014. Dès le lendemain, elle a viré l’argent sur le compte de sa mère et sur celui de son ex-mari. Elle explique qu’elle était à l’époque en interdiction bancaire et qu’elle a fait cela pour pouvoir disposer de leurs chéquiers et cartes bancaires afin d’assurer les dépenses de l’association, semblant oublier que même les interdits bancaires peuvent faire des virements.

De l’ensemble des recettes de l’association, y compris l’ensemble des subventions qui en constituaient la majeure partie, seuls 25.000 euros pour régler le loyer de l’appartement d’Aulnay-sous-Bois qui servait de local à l’association, et 5.000 euros pour des conseils juridiques ont été identifiés par les enquêteurs. Les trois salariés assurent ne jamais avoir été payés. Une seule bénéficiait d’un contrat de travail. « Il n’a jamais été question de bénévolat, Sonia Imloul n’a jamais eu l’intention de rémunérer les gens », assure à la barre Julien Revial, auteur d’un livre accablant sur les méthodes de Sonia Imloul (Cellule de déradicalisation : chronique d’une désillusion) et partie civile au procès. Preuve en est, selon lui, elle ne leur a parlé que d’une seule des deux subventions. « Le fait de cacher ces 25.000 euros permettait de retarder les salaires. »

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Une défense presque « simplette »

D’emblée, Sonia Imloul le reconnaît : « Je ne sais pas gérer, je n’ai jamais su ».  Fondant presque en larmes, elle explique qu’elle ne s’est pas enrichie avec l’argent de l’association.  Mais alors « Et vous, de quoi viviez-vous à l’époque ? », l’interroge le président. « Du RSA ». Soit environ 700 euros par mois. « Mais j’avais d’autres sources de revenus », ajoute-t-elle. Lesquelles ? « Je ne peux pas vous le dire, on n’est pas à huis-clos. »

Une attitude pour le moins laxiste de l’Etat

Le sous-entendu du « huis-clos » est interprété par beaucoup comme la volonté de la part de Sonia Imloul de laisser entendre qu’elle travaillait également pour les services de renseignement. Vrai? Faux? Mythomanie? Opportunisme l’amenant à surfer sur une rumeur pour éviter de répondre? Nul ne sait et ni les juges ni les enquêteurs ne semblent avoir pousser plus loin les investigations.

Il n’en demeure pas moins que reste une grande interrogation dans ce procès : pourquoi l’État ne s’est pas constitué partie civile alors même qu’il est censé être le premier lésé de ce détournement de fonds publics ? Pourquoi n’a-t-il même jamais été entendu au cours de l’enquête ?  D’autant que cette absence laisse de nombreuses questions en suspens.

Pouvait-on ignorer que Sonia Imloul était interdite bancaire ? Si c’est le cas, cela signifierait qu’il n’y a pas eu d’enquête préalable à l’attribution de 60.000 euros de subvention. « Si responsabilité il y a, c’est celle de l’État qui a organisé une mission de service public alors qu’elle n’avait pas tous les moyens de sa mission », l’avocate de Sonia Imloul essaie de déporter la responsabilité sur l’Etat, espérant ainsi allèger celle de sa cliente.

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Difficile également d’ignorer la réputation sulfureuse de Sonia Imloul. La préfecture de Seine-Saint-Denis, département dans lequel elle agissait en tant que responsable associative, s’était d’ailleurs montrée très réticente face à son projet. « Les fiches de police vous concernant sont désastreuses », lâche le président. Celle qui se présentait comme la redresseure de torts, prête à « déradicaliser » des jeunes flirtant avec la délinquance, a été « mise en cause dans cinq ou six affaires d’escroqueries, parfois bénignes » dans les années 1980 et 1990.

Un verdict clément

Curieusement, en ces temps où tout le monde semble si attaché à l’usage de l’argent public, le procureur lui-même s’est montré particulièrement clément, affirmant: « Le détournement est démontré, l’intention, c’est autre chose ». Une affirmation qui laisse pantois tant il est difficile de comprendre comment on peut faire virer l’argent de subventions sur son compte, puis le répartir entre ceux de ses proches sans intention…! Comme pour l’excuser par avance, l’homme du siège (aux ordres de la Chancellerie..) a poursuivi en présentant Sonia Imloul comme « une mythomane ». « Pas une menteuse, parce qu’elle croit ce qu’elle dit ». Il a donc requis une peine de 100 jours-amende à 200 euros à son encontre, soit 20.000 euros (le détournement s’élevant au strict minimum au double).

Le tribunal a préféré la condamner à quatre mois de prison avec sursis mais l’a dispensée de payer une amende à l’État pour « réserver ces paiements aux parties civiles ». Un jugement qui laisse penser qu’aujourd’hui l’argent public détourné n’a pas pour tout le monde les mêmes conséquences….

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Source :  20 minutes

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TDK

Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info

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