Un élu de Pontoise piochait dans la caisse des handicapés

Yannick Bethermat, élu de Pontoise, a été condamné pour avoir détourné 150 000 € de l’association d’enfants handicapés entre 2011 et 2014.

Une audience sans contestation

Yannick Bethermat, élu de Pontoise, était alors adjoint au maire.

Trésorier du Comité d’entreprise d’une association d’enfants handicapés de Jouy-le-Moutier (Anaïs), éducateur spécialisé, il a détourné à son profit 150 000 € entre 2011 et 2014. Des faits qu’il a reconnus au cours de l’enquête et qui lui ont valu de comparaître pour abus de confiance devant le tribunal correctionnel.

Il a écopé d‘un an de prison avec sursis, cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction de trésorier. Il devra rembourser 120 000 € à la partie civile et 3 000 € au titre du préjudice moral. Le procureur avait requis à son encontre un an de prison avec sursis et 10 000 € d’amende.

L’audience s’est déroulée en l’absence du prévenu qui a écrit au tribunal pour expliquer qu’il était atteint d’une maladie neurologique et d’une forte sciatique nécessitant des médicaments provoquant des problèmes de mémoire et de somnolence. Tout cela sans justificatif médical. Le procureur a alors fait remarquer que « Ce n’est pas une affaire facile à assumer », laissant entendre que le prévenu, élu de Pontoise, n’avait pas très envie d’assumer en public ses actes. La Présidente a préféré ouvrir la séance que de reporter avec assignation.

Une affaire repérée en 2014 et qui s’étend sur plusieurs années

L’affaire débute en octobre 2014, par un signalement Tracfin, probablement de la banque du prévenu. L’organisme en charge de la lutte contre la fraude et le blanchiment décèle alors sur les comptes de l’élu de Pontoise des dépôts suspects de chèques de l’association Anaïs.

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Dans un premier temps, il est découvert une somme d’environ 50 000 € provenant du comité d’entreprise (CE).

L’enquête eemonte alors jusqu’en 2011, date à laquelle il devient trésorier du CE d’Anaïs, et la somme des encaissements grimpe alors jusqu’à 150 000 €.

L’enquête n’a pas rencontré de difficultés, l’élu endossant les chèques sur son compte, apposant au dos sa signature.

L’élu de Pontoise, responsable associatif n’a pas grand chose à dire pour expliquer ces détournements. « Je suis surpris par la somme. Je croyais que cela serait autour de 30 000 ou 40 000 €…»,  se contente-til de dire lors des auditions aux enquêteurs. ajoutant:  « Je ne sais pas ce que j’ai fait de cet argent. Je ne m’en suis pas rendu compte. »

L’élu de Pontoise avait pourtant des revenus confortables. Entre son indemnité d’élu, son salaire d’éducateur et ses autres sources d’argent, il percevait chaque mois 4 200 €. Les enquêteurs n’ont cependant rien décelé de suspect au niveau de son train de vie, notant, au contraire, qu’il logeait dans des conditions proches de l’indigence, dans un logement « en grand désordre ».

Certainement quelqu’un de dérangé et en manque de repères

Yannick Bethermat a expliqué avoir fait des prêts aux salariés d’Anaïs dans le besoin. « Je prenais les chèques et je retirais des espèces pour leur donner » déclare-t-il, ajoutant qu’il apporterait des éléments pour le démontrer. Ce qu’il n’a jamais fait.

Ce sont en fait ses enfants qui semblent avoir été les principaux bénéficiaires des sommes détournées. « J’ai perdu pied en 2011 quand j’ai cru être atteint d’une sclérose en plaques. Je pensais que j’allais mourir. J’ai voulu profiter de la vie, en faire profiter mes enfants, avec des voyages, des week-ends, de l’électroménager… Mais rien pour moi. »

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L’élu de Pontoise, qui s’est vu retirer son poste d’adjoint par le maire lorsque les faits ont été dévoilés mais qui demeure conseiller municipal, a indiqué avoir remboursé 30 000 € sur les 150 000 €. Ce que l’association n’a pas constaté à ce jour.

Des doutes subsistent sur ses agissements des années antérieures car Yanik Bethermat était trésorier de la structure qui précédait Anaïs depuis 1997.

Tout dans le comportement de l’individu laisse entrevoir une personne qui manque de force de caractère et de sens moral. Il répond parfaitement à l’adage selon lequel « l’occasion fait le larron ».

Ce n’est pas l’opinion qu’en avait le procureur pour qui « Ce qu’il a fait de cet argent est presque secondaire. Ce qui frappe, ce sont les montant, la durée et l’origine des fonds »,  « On a affaire à quelqu’un de profondément malhonnête qui a détourné l’équivalent de dix années de smic. »

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TDK

Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info

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