Le Président du conseil général de l’orne fait l’objet d’une perquisition

le président du CG 61 fait l"objet d'une perquisitionA l’origine, une plainte pour corruption passive qui semblait pourtant farfelue émanant d’associations écologistes à l’encontre d’Alain Lambert

A l’origine, un projet de centre d’enfouissement

Le centre d’enfouissement de résidus de broyage automobiles GDE (Guy Dauphin environnement), un géant du recyclage, situé à Nonant-le-Pin, à quelques encablures du haras du Pin (Orne), a été bloqué à partir du mois d’octobre 2013 par des opposants, les « anti-GDE ». Le site a fonctionné pendant trois jours, avant d’être arrêté par les opposants, qui en ont barré l’entrée avec camions, tracteurs, tentes… Pendant 346 jours, les anti-GDE se sont relayés jour et nuit pour bloquer l’entreprise.
Ils reprochent à GDE d’avoir fait construire cette décharge au-dessus d’une nappe phréatique. Alors que GDE assure un contexte géologique viable, une contre-enquête mandatée par les opposants estime que la zone est inondable.
Pendant des années, le dossier s’est enlisé dans un véritable bras de fer judiciaire, opposant l’entreprise GDE aux associations anti-GDE : Nonant environnement et sauvegarde des terres d’élevage. Entre expertises des eaux du site, contre-expertises, plaintes au civil, au pénal, contre des politiques, des citoyens… Il y a plus de 40 procédures judiciaires concernant cette affaire, dont 15 sont encore en cours !
Alors que les dernières décisions de justice du Conseil d’État et de la Cour de cassation sont en faveur des opposants, tout le monde attendait la décision sur le fond de la cour administrative d’appel de Nantes.

Vendredi 20 mai 2016, la cour a annulé l’autorisation d’exploitation, obtenue par GDE en 2011. Mais l’affaire n’est pas terminée pour autant!

  Le préfet Alain Gardère mis en examen pour corruption passive

Voici que Jeudi 10 novembre 2016, des perquisitions ont eu lieu dans le bureau et au domicile du président du Conseil Général de l’Orne, Alain Lambert, révèle le quotidien Ouest-France. Cette perquisition a été effectuée par le parquet national financier dans le cadre d’une plainte pour « corruption passive » déposée par les opposants à la décharge GDE  de Nonant-le-Pin.

Perquisitions au Département

Les enquêteurs venus de Paris auraient perquisitionné les bureaux du président UDI du Département et celui d’un de ses proches conseillers. Selon Ouest-France, leurs recherches se seraient concentrées sur le matériel informatique. Une perquisition aurait également eu lieu au domicile d’Alain Lambert, en son absence. Le président du Conseil Général de l’Orne est en convalescence à Singapour depuis la fin de l’été 2016 et ne devrait être de retour en France que début décembre, pour la prochaine séance publique du Conseil départemental de l’Orne.

Une plainte pour corruption

Ces perquisitions ont eu lieu dans le cadre d’une plainte pour « corruption passive et prise illégale d’intérêt » déposée par des opposants à la décharge GDE en 2014. Contacté par L’Orne Hebdo, Alain Lambert a tenu à se montrer serein :

Je savais depuis un an qu’elle viendrait. Alors, j’attendais tranquillement qu’elle arrive. Quand on a rien à se reprocher, c’est assez banal. Je pratique le droit depuis 50 ans, ce n’est pas ce genre de situation qui peut m’émouvoir.

Alain Lambert rappelle par ailleurs qu’il a lui-même porté plainte contre les opposants à la décharge GDE pour « dénonciation calomnieuse » :

Il ne s’agit pas d’une procédure judiciaire mais d’une enquête préalable, pour savoir s’il y a lieu à procédure. Comme ma propre plainte attend la suite donnée à celle-ci, je suis très impatient que cette enquête avance », précise-t-il, ajoutant qu’il a « l’intention de demander une très importante réparation financière, au bénéfice d’une œuvre de bienfaisance. Les diffamateurs sont très riches, ils ont les moyens de payer, il ne faudra pas les rater. Leur méthode a été d’une indignité rare ».

Il estime également que « à l’heure où nos forces de police et de gendarmerie sont à la peine pour nous défendre du terrorisme, il est plutôt navrant que des querelles de clochers viennent entraver la bonne marche de la justice ».
Sommes nous en face d’une nouvelle affaire de corruption ou d’une nouvelle affaire d’instrumentalisation de la justice? Le feuilleton médiatico-judiciaire entre anti et pro-GDE n’est pas terminé, mais quelle qu’en soit l’issue, il semble bien que le centre ne verra pas le jour et que quelqu’un y laissera des plumes.

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TDK

Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info

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