Landsbanki: prison avec sursis requise pour escroquerie

Landsbanki logoLe parquet a requis mardi des peines de prison avec sursis et des amendes à l’encontre de dirigeants de la Landsbanki Luxembourg

Historique de l’affaire:

En manque de liquidités, la Landsbanki avait proposé, via sa filiale luxembourgeoise, de 2006 à 2008, à des centaines d’épargnants fortunés, d’hypothéquer leur maison en contrepartie de prêts avantageux.

Le montage impliquait que l’emprunteur reçût une partie de la somme, tandis que la banque réinvestissait le reste sur les marchés. La valeur de ce portefeuille devait couvrir l’intégralité de l’emprunt, qui n’était remboursable qu’à son terme.

Mais dans la foulée de la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers en septembre 2008, plusieurs banques islandaises s’étaient effondrées, dont la Landsbanki, nationalisée en urgence, qui a entraîné sa filiale luxembourgeoise dans sa chute.

Les placements proposés par Landsbanki Luxembourg ont perdu la majeure partie de leur valeur. Et le liquidateur de la banque a exigé le remboursement de l’emprunt, faute de quoi le bien hypothéqué était sous la menace d’une saisie alors qu’un placement sans risque avait été promis.

D’où les plaintes des particuliers à partir de 2009 dans la foulée d’Enrico Macias, qui avait contracté en 2007 un prêt d’une valeur de 35 millions d’euros auprès de Landsbanki, dont 26 millions étaient dans un portefeuille géré par la banque.

Certains ont été ruinés et accusent la banque d’avoir sciemment proposé le montage financier sans vérifier les capacités de remboursement. Plus de 110 épargnants, pour la plupart fortunés, sont parties civiles. « Beaucoup sont menacés par la saisie de leur résidence principale », relève le juge van Ruymbeke dans son ordonnance.

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Au terme de son instruction, le magistrat estime que le consentement des clients de la Landsbanki Luxembourg, créée au début des années 2000 pour pénétrer les marchés espagnol puis français, a été « vicié par des informations mensongères quant à la solvabilité et aux modes de gestion de la banque ». Ils auraient été trompés par l’assurance que les remboursements seraient couverts par les revenus des produits financiers souscrits.

Un édifice reposant sur « de la cavalerie »

La Landsbanki Luxembourg « ne développait ses activités que grâce à la trésorerie apportée par sa société mère qui l’a entraînée dans sa chute « . Le juge van Ruymbeke a dénoncé « un édifice qui reposait sur de la cavalerie » dont « le premier bénéficiaire  » était à ses yeux M. Gudmundsson, qui présida un temps le club anglais de West Ham et fut classé avant sa faillite par le magazine Forbesau 1.014ème rang de son classement des fortunes mondiales.

« La société mère suivait de près ce qui se passait dans la filiale « , écrit le juge van Ruymbeke pour qui Björgolgur Gudmundsson est « à l’origine du développement inconsidéré de la banque islandaise « .

Le magistrat relève un « manque de sérieux dans le développement à haut risque de la banque, organisé et planifié de façon inconsidérée dans l’intérêt exclusif de ses actionnaires et dirigeants ».
L’affaire avait donné lieu à un bras de fer entre les justices française et luxembourgeoise. Cette dernière s’était en effet opposée à ce que la Landsbanki Luxembourg verse les 50 millions d’euros de la caution ordonnée dans le cadre de son contrôle judiciaire.

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Le procès a enfin lieu…

La procureure a critiqué l’« opacité totale » opposée à la justice par cette filiale d’une grande banque islandaise emportée par la crise financière de 2008. Elle a requis trois ans de prison avec sursis et 300.000 euros d’amende contre l’ancien patron de la maison-mère islandaise Landsbanki, Bjorgolfur Gudmundsson. La représentante du ministère public a estimé que cet homme d’affaires était « parfaitement informé » des agissements de la filiale luxembourgeoise.

Elle a requis par ailleurs trois ans de prison avec sursis et 100.000 euros d’amende contre deux ex-dirigeants de Landsbanki Luxembourg, ainsi qu’une amende d’1 million d’euros contre la banque elle-même. Contre quatre anciens cadres, le parquet a requis deux ans avec sursis et 50.000 euros d’amende. La procureure a enfin demandé six mois avec sursis et 35.000 euros d’amende contre deux apporteurs d’affaires de l’établissement.

9 personnes jugées en tout

Dans son ordonnance signée le 24 septembre 2015, outre la Landsbanki Luxembourg et l’ancien président du conseil d’administration de la maison-mère, Björgolfur Gudmundsson, le juge Renaud van Ruymbeke avait renvoyé en correctionnelle six cadres et dirigeants de la banque, ainsi qu’un dirigeant et un salarié d’un cabinet de gestion de patrimoine du sud-est de la France.

Verdict le 28 Août à 13h30

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TDK

Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info

Une pensée sur “Landsbanki: prison avec sursis requise pour escroquerie

  • 24 mai 2017 à 5 h 09 min
    Permalink

    De toute façon ces toutes la société qui est pourri par l’argent facile, évidemment les prolétaires non pas doits a la parole .

    Il faut rebatir une nouvelle forme de société fondée sur l Égalité le partage des richesses, l ‘entraide ect !

    Salut et fraternité Camarades

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