Joseph Castelli mis en examen pour corruption (Addendum)

Joseph Castelli mis en examenLe sénateur PRG de Haute-Corse Joseph Castelli a été mis en examen ce jeudi à Bastia pour blanchiment de fraude fiscale, recel d’abus de biens sociaux et corruption passive.

(article du 04 février 2016): Joseph Castelli, 67 ans, était en garde à vue depuis mardi dans le cadre d’une enquête sur la construction d’une luxueuse villa à Folelli, au sud de Bastia estimée à un 1 M€.

Dans cette petite région de Haute-Corse, Joseph Castelli, 68 ans, est incontournable. Pendant près de trente ans, il a été le maire de Penta-di-Casinca avant que son propre fils lui succède, puis président du département de Haute-Corse et enfin sénateur….

Soupçonné par la justice d’avoir détourné des fonds publics, il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire contre le paiement d’une caution de 200 000 € payable au 1er mars. Nicolas Bessone a déclaré à la presse qu’il envisageait de demander la saisie de la maison.

Le sénateur, qui nie les faits qui lui sont reprochés, avait été placé en garde à vue mardi, ainsi que son épouse et trois entrepreneurs de BTP. Au commissariat de police de Bastia, ils ont été interrogés par des enquêteurs de la police judiciaire. Deux des trois chefs d’entreprise ont aussi été mis en examen pour corruption active et abus de biens sociaux. Ils nient également les faits qui leur sont reprochés. Ils sont soupçonnés d’avoir contribué au financement de la villa. En échange, ils auraient bénéficié de marchés de travaux publics d’un montant de 10 M€.

Travaux persos contre marchés publics, un grand classique!

Ces marchés avaient été attribués jusqu’en 2010 par la communauté de communes de Casinca, en Haute-Corse, et la mairie de Penta-di-Casinca, collectivités alors dirigées par Joseph Castelli. A l’issue de leurs auditions par un magistrat du pôle économique et financier de Bastia, les chefs d’entreprise ont été laissés en liberté contre le versement de cautions de 250 000 € pour l’un et 60 000 € pour l’autre.

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L’enquête portait sur les conditions d’acquisition et financement des travaux dans la demeure de Joseph Castelli, alors qu’il présidait le Conseil général de Haute-Corse de 2010 à 2014. Elle avait été ouverte sur commission rogatoire du juge d’instruction Thomas Meindl du pôle économique et financier de Bastia.

Le bureau du Sénat avait levé en octobre 2015 l’immunité parlementaire de Joseph Castelli, à la demande de celui-ci. Une telle mesure est très rare. Commerçant à la retraite, il avait été élu à la Haute Assemblée en 2014. Né en 1948 dans le village de Penta-di-Casinca (Haute-Corse), Joseph Castelli a d’abord été premier adjoint de cette commune, en 1977. Il a ensuite été élu, en 1982, conseiller général du canton de Vescovato et maire de Penta-di-Casinca, mandat qu’il a rempli jusqu’en 2010.

(Addendum du 18 mars 2017:)

Une langue se délie…

Les aveux sont rares en matière financière, et surtout en Corse.

Pourtant, interrogé sur les conditions de construction de la luxueuse villa du sénateur (PRG) de Haute-Corse Joseph Castelli, un des entrepreneurs a quand même fini par craquer. Oui, il a bien travaillé entre 2009 et 2011 sur le chantier de construction de la maison du sénateur à Penta-di-Casinca, village de la plaine orientale. Non, son travail n’a pas été rémunéré à la hauteur des tâches effectuées…

Promesse d’un marché public

Aux enquêteurs de la PJ, l’artisan a reconnu qu’en échange, Joseph Castelli lui avait promis un marché public d’envergure : la construction d’une médiathèque dans une ancienne usine désaffectée. L’artisan a en effet remporté une partie du marché promis.

Tentative de dissimulation

Quand le sénateur a été alerté (via des fuites) que la justice s’intéressait de très près à sa maison, il aurait rappelé le chef d’entreprise en question et lui aurait demandé de faire des devis rétroactifs et des fausses factures pour faire croire qu’il avait payé ses travaux.

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Mais bien évidemment, aucune trace de paiement effectif n’existant…..

D’autres entrepreneurs sont le grill des enquêteurs

Deux autres chefs d’entreprise, patrons des groupes Brandizi et Rugani, très présents dans la région, sont également soupçonnés d’avoir réglé des factures personnelles de Castelli en échange de marchés publics. Malgré leurs dénégations, ils ont été mis en examen notamment pour « corruption active ». D’après une source judiciaire, les deux entreprises ont remporté pour plus de 10 millions d’euros de marchés publics sous la présidence de Castelli.

La piscine du sénateur, évaluée à 38.000 euros, ne lui en aurait ainsi coûté que 12.000, la différence étant prise en charge par les entreprises. Pour les baies vitrées de cette superbe villa flambant neuve construite en surplomb du littoral, l’élu n’a déboursé que 12.000 euros. Elles ont en réalité coûté près de six fois plus cher, soit 75.000 euros.

Même le terrain est cadeau!!

« Quant à la maison, elle a carrément été construite en empiétant sur une parcelle appartenant à l’un des chefs d’entreprise, sans que ce dernier ait jamais songé à s’en plaindre« , souffle une source judiciaire.

« Je suis en train de racheter cette parcelle« , se défend Joseph Castelli.

« J’ai payé tous les travaux, après, c’est vrai que 160.000 euros ont été réglés en liquide… Ma mère m’avait donné 60.000 euros, je suis un commerçant, j’ai l’âge que j’ai, c’est comme ça. »

Un malheur n’arrive jamais seul

Conséquence de ses déboires judiciaires, le fisc vien de se rendre compte que l’élu de gauche avait menti sur sa déclaration de patrimoine en sous-évaluant sa maison à 300.000 euros. Elle vaudrait en fait un peu plus de 1 million, selon France Domaine, la direction de l’immobilier de l’Etat.

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« Ce chiffre a été inscrit par erreur par ma secrétaire« , se défend encore Castelli, qui affirme que France Domaine ne s’est jamais déplacé pour effectuer son estimation.

Sources: www.leparisien.fr & L’Obs

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TDK

Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info

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