L’ex-directeur de la fondation Hardy à Fontenay-Trésigny est en garde à vue

Détournement de fonds, abus de biens sociaux, corruption, le palmarès de Jacques Ducastel semble bien fourni…

Jacques Ducastel, l’ancien directeur de la Fondation Hardy, à Fontenay-Trésigny, a été placé en garde à vue mardi matin à la section financière de la police judiciaire de Meaux. Il sera jugé le 31 mai pour détournements de fonds. Il est soupçonné d’avoir détourné 454 000 € entre 2010 et juin 2012 alors qu’il dirigeait cet établissement public médico-social (EPMS), qui accueille 170 handicapés de 5 à 20 ans.

Un contrôle strict de l’ARS

L’affaire démarre après un contrôle de l’Agence régionale de santé, en mai 2012. L’ARS découvre des comptes douteux, des dépenses injustifiées comme 25 920 € de frais de déplacements personnels en deux ans et demi.

L’ARS demande alors à M. Ducastel de quitter ses fonctions sine die. Elle dépose alors plainte. Cette première plainte sera confirmée par une seconde déposée par le nouveau directeur, es qualité, après inventaire précis des dégâts.

Monsieur Barbaux n’a jamais été ami avec M. Ducastel

C’est l’actuel président du conseil départemental, alors conseiller général du canton, qui présidait alors le conseil d’administration de cet établissement, au titre de conseiller général du canton. « J’ai coupé les ponts avec M. Ducastel fin 2012, quand j’ai reçu les conclusions de l’ARS. Je suis tombé des nues », certifie Jean-Jacques Barbaux (LR).

« Toutes les délibérations du conseil d’administration étaient votées à l’unanimité, je n’ai jamais eu de retour du contrôleur de légalité, ni de l’inspectrice de la Ddass à l’époque », poursuit l’élu. « Je m’attendais d’ailleurs à une réponse judiciaire plus rapide et si ce directeur a commis des fautes, il doit être sanctionné. Je passais une fois par semaine à l’EPMS pour signer des papiers, je n’ai jamais été ami avec M. Ducastel. »

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Quelques facéties de Monsieur Ducastel

Une villa en Espagne moyennant un emploi

En décembre 2010, pour négocier à la baisse le prix d’une maison de vacances qui lui plaisait, en Espagne, il a fait embaucher par la fondation le couple qui vendait sa villa. Eric est devenu chauffeur et gardien, et Angélique, sa compagne, équithérapeute. Mais Angélique, qui y croyait, n’a jamais eu de diplôme d’équithérapeute et cette activité n’a jamais été créée. « J’ai le sentiment d’avoir été bernée, je suis arrivée avec mes lapins et mes cochons d’Inde pour faire des animations avec les enfants», témoigne Angélique. « Je voyais des camionnettes remplies de matériel divers, de télévisions, de luminaires, de cuvettes de WC, de carrelage. Tout cela était destiné à équiper notre ancienne maison en Espagne »

Quelques trafics et reventes

« M. Ducastel s’est bien servi sur les comptes de l’établissement », confirme Angélique. « Un jour, une palette d’écrans plats et d’ordinateurs a été livrée. Il m’a dit qu’il s’agissait de cadeaux de Noël pour les familles du comptable et de l’informaticien. Une télé était réservée pour son fils. »

Quelques équipements personnels

Parmi les autres dépenses personnelles réglées via le compte de l’établissement, on dénombre aussi un détecteur de radars routiers, un congélateur, un fauteuil, un four à micro-ondes, une cave à vins…

Jacques Ducastel a acheté 16 890 € de matériel professionnel de bijouterie, sur le compte de l’établissement. Il avait une formation de créateur de bijoux et graveur sur pierre.

Une activité « internationale »

Le conseil d’administration l’avait autorisé à voyager en Europe, en 2010 et 2011. « Parce qu’il nous disait assurer des formations dans les pays voisins comme la Belgique ou l’Allemagne », justifie Jean-Jacques Barbaux. Pourtant, « aucun EPMS en France n’a besoin que son directeur parte à l’étranger et cette largesse n’existe plus depuis mon arrivée », indique Gilles Bouverat, le nouveau directeur de la Fondation Hardy.

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Activité parallèle au noir…

Jacques Ducastel a « élargi » l’utilisation du garage de l’établissement, dédié à la réparation des véhicules de la Fondation. Le mécanicien du site finissait par réparer les voitures des amis du directeur et travaillait au noir pendant ses heures de service. L’ARS a fait fermer ce garage.

« Ça balance » sec, maintenant qu’il est dans les mailles de la justice….

Soizyc Parenthoine, éducatrice spécialisée à l’EPMS de 1981 à 2008, devenue permanente syndicale, balance sec.

Cette salariée de l’établissement public a travaillé durant 19 ans sous les ordres de Jacques Ducastel. Elle est satisfaite « que la justice avance après que cet homme a régné comme un dictateur. Il a détourné de l’argent qui aurait dû servir aux handicapés, il n’a pas respecté ses missions de service public. »

Soizyc Parenthoine décrit son ex-directeur comme « …intelligent et manipulateur. Quand il avait une personne dans ses filets, elle lui était dévouée corps et âme. Il savait corrompre et se débarrasser de ceux qui dérangeaient, comme un ancien gardien dont le directeur voulait récupérer le logement de fonction. C’était pour y créer une prétendue unité dédiée aux 3-6 ans mais en fait il voulait y loger le comptable et sa famille. Le directeur a mis fin au contrat d’une salariée qui refusait de lui signer une fausse attestation. Il a divorcé et s’est mis en ménage avec une infirmière de l’EPMS, qui est devenue cadre de santé alors que nous n’en avions pas besoin. Les trois sociétés de son fils étaient domiciliées à l’EPMS. »

Cette ancienne salariée dénonce enfin « des embauches servant aux fins personnelles de Jacques Ducastel au lieu d’embauches basées sur des compétences. » Ainsi, en plus du couple arrivé d’Espagne, une coiffeuse, amie d’enfance de la compagne du directeur, est arrivée du Portugal avec son mari maçon. « Elle a été formée comme éducatrice, lui a été éducateur technique contractuel. »

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Source: www.leparisien.fr


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TDK

Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info

3 pensées sur “L’ex-directeur de la fondation Hardy à Fontenay-Trésigny est en garde à vue

  • 31 mars 2016 à 11 h 58 min
    Permalink

    Comment croire que le président du conseil d’administration de l’époque, Mr Jean-Jacques BARBAUX, ne soit au courant de rien ?
    Comment croire que certains élus de communes voisines de l’EPMS, siégeants au conseil d’administration, ne soient au courant de rien.
    Comment plus de 400 000 euro peuvent s’évaporer des comptes sans que personne ne s’en inquiète.
    Coupable le président de l’époque ? Sans doute pas. Responsable le président de l’époque ? Sans aucun doute ! S’il suffisait de faire acte de présence pour toucher des indemnités, cela serait trop facile surtout au vu du nombre de mandats détenus par Mr Jean-Jacques BARBAUX.
    Jacques Ducastel, ancien directeur de l’EPMS, soupçonné d’avoir détourné 454 000 € entre 2010 et 2012, sera jugé le 31 mai au tribunal correctionnel de Meaux. Nous en saurons sans doute un peu plus quant à la responsabilité de Mr Jean-Jacques BARBAUX.

    A SUIVRE …………….

    Répondre
  • 31 mars 2016 à 12 h 00 min
    Permalink

    Mr Jean-Jacques BARBAUX peut dormir tranquille. Il peut compter sur sa remplaçante au conseil d’administration de l’EPMS, Fondation HARDY, Madame Daisy LUCZAK, conseillère départementale de même couleur politique que lui, pour mettre en place tous les écrans de fumée protégeant son prédécesseur au conseil d’administration.

    SUITE AU PROCHAIN EPISODE ……………………………

    Répondre
  • 31 mars 2016 à 14 h 41 min
    Permalink

    Comment croire que le président du conseil d’administration de l’époque, Mr Jean-Jacques BARBAUX, ne soit au courant de rien ?
    Comment croire que certains élus de communes voisines de l’EPMS, siégeants au conseil d’administration, ne soient au courant de rien.
    Comment plus de 400 000 euro peuvent s’évaporer des comptes sans que personne ne s’en inquiète.
    Coupable le président de l’époque ? Sans doute pas. Responsable le président de l’époque ? Sans aucun doute ! S’il suffisait de faire acte de présence pour toucher des indemnités, cela serait trop facile surtout au vu du nombre de mandats détenus par Mr Jean-Jacques BARBAUX.
    Jacques Ducastel, ancien directeur de l’EPMS, soupçonné d’avoir détourné 454 000 € entre 2010 et 2012, sera jugé le 31 mai au tribunal correctionnel de Meaux. Nous en saurons sans doute un peu plus quant à la responsabilité de Mr Jean-Jacques BARBAUX.

    A SUIVRE …………

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