Rodrigo Rato, l’ancien patron espagnol du FMI arrêté

Déjà inculpé dans deux affaires de malversations, Rodrigo Rato fait de nouveau l’objet d’une enquête pour « blanchiment et fraude ».

Cette enquête a conduit les douanes à perquisitionner son domicile à Madrid.

Une arrestation très « médiatique »

Jeudi soir, toutes les télévisions diffusaient l’image spectaculaire de l’ancien favori de la droite espagnole s’engouffrant dans une voiture de police, suivi d’un policier appuyant ostensiblement la paume de sa main sur son cou, comme s’il le forçait à s’y installer. Cette image a été filmée alors que l’ex-ministre de l’Economie (1996-2004) quittait son domicile, pour accompagner les agents des douanes vers son bureau où une autre perquisition devait avoir lieu. Cependant aucune source judiciaire n’a confirmé son éventuelle arrestation. Les agents des douanes ont passé près de quatre heures à son domicile dans un quartier huppé de la capitale.

Soupçonné de « blanchiment, fraude et dissimulation d’actifs »

Ces perquisitions visant l’ex-patron du FMI (2004-2007) ont été menées dans le cadre d’une nouvelle enquête, sur demande du parquet, pour « blanchiment, fraude et dissimulation d’actifs », a précisé une source proche de l’enquête. Néanmoins, depuis deux jours, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (Parti populaire, droite) se refuse à confirmer les informations de presse selon lesquelles M. Rato est soupçonné de blanchiment d’argent.

Interrogé sur la perquisition des agents des douanes au domicile madrilène de M. Rato, un porte-parole du Trésor Public s’est borné à déclarer que l’opération était réalisée « à la demande du parquet ».

La presse fait état d’une enquête portant notamment sur 6,2 millions d’euros que Rodrigo Rato a touchés de la banque Lazard en 2011. Il a expliqué avoir exercé des options d’actions reçues en 2008.

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Des faits qui n’ont rien à voir avec ses responsabilités politiques

Exclu des rangs du Parti populaire, Rodrigo Rato est déjà poursuivi dans deux autres dossiers. Il est inculpé pour des faits qualifiés d’escroquerie(s), de détournement de fonds et falsification de comptes commis à l’occasion de l’entrée en Bourse en 2011 de la banque Bankia qu’il a dirigée de 2010 à 2012. Cette banque avait frôlé la faillite, ruinant des centaines de milliers de petits actionnaires, et le gouvernement avait dû la nationaliser en injectant plus de 20 milliards d’euros en 2012. Ce fiasco avait précipité un sauvetage européen du secteur bancaire espagnol de 41,4 milliards d’euros, dont la moitié pour cet établissement.

Il est également inculpé pour l’utilisation présumée frauduleuse de cartes bancaires de Caja Madrid, l’une des caisses d’épargne qui ont formé Bankia. Ces cartes « au noir » ont été utilisées sans aucun contrôle par des dirigeants de Caja Madrid pour leurs dépenses personnelles, comme des safaris en Afrique ou des achats de produits de luxe, selon la presse.

Dormez bien, le système fonctionne

Tout en se refusant à commenter la nouvelle enquête visant Rodrigo Rato, le PP fait valoir qu’il lutte efficacement contre la corruption. Cette question indigne l’opinion publique en pleine année électorale, à près d’un mois des élections municipales et régionales, le 24 mai, et à l’approche des législatives de novembre. Le ministre de la justice, Rafael Catala, martèle systématiquement le même message : cette perquisition est « preuve que le système fonctionne, que les juges et les parquets enquêtent, que le droit est appliqué, et la garantie que la loi est la même pour tous ».

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Source: www.ouest-france.fr

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TDK

Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info

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